Lundi 22 mars 1 22 /03 /Mars 00:51

Introduction

 

En République du Mali, les collectivités territoriales sont : les Régions, le District de Bamako, les Cercles, les communes Urbaines et les communes Rurales.

 

La commune  est une collectivité décentralisée composée essentiellement de quartiers, en ce qui concerne la commune Urbaine, et de villages ou fractions, en ce qui concerne la commune Rurale.

Le critère fondamental de l’érection d’une commune est l’adéquation du cadre territorial et humain se traduisant par : la volonté de vivre ensemble ; l’existence de liens de solidarité ; et la viabilité économique.

Les collectivités sont dotées de la personnalité morale de l’autonomie financière. La mission des collectivités territoriales dont, notamment la commune, est : « Concevoir, programmer et mettre en œuvre les actions de développement économique, social et culturel d’intérêt régional ou local ».

Le développement local repose sur une démarche volontaire d’acteurs se réunissant sur un territoire à taille humaine pour envisager l’avenir de leur territoire. Cela en perspective avec d’autres niveaux d’administration et d’autres échelons politiques de la nation. C’est une vision du local dans le global, qui voit le territoire comme un système en relation avec d’autres systèmes et d’autres acteurs. Les acteurs œuvrent à l’amélioration des conditions de vie de leur territoire, ce qui passe, notamment, par le développement des activités de production, de la santé, de l’éducation, de l’emploi et de l’approfondissement de la démocratie et de la gouvernance locale. 

 

Après une décennie d’expérience et, malgré les soucis et les efforts consenties par les autorités communales, le constat s’avère aujourd’hui que les communes notamment celle de Mandé  sont confrontées à des problèmes de développement notoire.

Ces problèmes se caractérisent par le faible revenu des producteurs des différents secteurs ; l’insuffisance voir le manque criard des infrastructures et équipements sanitaires, scolaires, hydrauliques, routières et énergétiques .A  cela s’ajoute le problème  d’assainissement et de drainage des eaux.

Toutes ces raisons nous ont motivé à choisir ce thème de mémoire de fin d’études : « Les problèmes  de développement de la commune rurale de Mandé ».

Problématique

 

Le développement socio-économique des pays africains est à la traîne après des décennies d’indépendance. Pourtant, on a appliqué des modèles et idéologies de développement.

La majorité des gouvernements des pays de l’Afrique de l’ouest qui ont accédé à leur indépendance depuis 1960 ont toujours fait du secteur rural la priorité des priorités.

Aujourd’hui au Mali on constate que des progrès ont été enregistrés dans le secteur du développement rural mais ils restent néanmoins limités au regard des moyens importants utilisés. En effet, les conditions de vie des populations rurales (75,9% indice synthétique de la pauvreté en milieu rural au Mali) particulièrement celles de la commune rurale de Mandé (59,5% indice synthétique de la pauvreté de la région de Koulikoro) se dégradent d’avantage et ces dernières sont confrontées à de multiples problèmes parmi lesquels on peut citer :

La détérioration des conditions climatiques, baisse de la pluviométrie, sécheresse endémique ;

La dégradation des ressources naturelles, se traduisant par une destruction du couvert végétal, la réduction de la fertilité des sols, une érosion intense des sols ;

La croissance démographique galopante entraînant une occupation maximale des terres et la disparition des jachères ; une demande considérable des infrastructures éducatives, sanitaires, routières, hydrauliques et faire face au risque de dégradation des conditions de vie (emploi, logement, accès aux ressources).

Le déphasage entre les législations foncières (coutumière et moderne) ;

Les mouvements désordonnés de transhumance du bétail et l’exacerbation de la concurrence pour l’utilisation des ressources naturelles entrainant des tensions sociales.

Au-delà de ces aspects, il ya le problème d’assainissement, de protection de l’environnement, de drainage des eaux des pluies et des eaux usés, et l’électrification rurale.

 

Les zones rurales, après avoir eu l’autonomie de gestion et financière, la responsabilisation de se développer, toute la problématique est aujourd’hui de savoir pourquoi elles n’arrivent pas à s’y prendre pour assurer leur propre développement.

La commune rurale de Mandé suscite un intérêt particulier. Elle sera un cas que nous allons analyser.

 

Objectifs  de  recherche

 

 

Objectif  Principal 

 

Identifier les problèmes rencontrées par les populations de la Commun Rurale de  Mandé sur le plan socio-économique et culturel.

 

 

Objectifs spécifiques 

 

Nos objectifs spécifiques sont :

 

1. Identifier les difficultés socio-économiques de la Commune Rurale de Mandé,

2. Analyser les causes et conséquences de ces difficultés,

3. Identifier les solutions sensibles à ces difficultés. 

 

 

Les hypothèses de recherche

 

Le faible revenu des producteurs des différents secteurs, l’insuffisance des infrastructures socio-économique et les équipements de base sont les premiers facteurs de sa situation socio- économique ;

La pauvreté, le manque d’organisation et les aléas climatiques sont les causes de ces difficultés ;

L’implantation de l’usine de tracteur, l’aménagement des plaines (Farabana et Koursalé) et l’électrification rurale peuvent atténuer les problèmes de la commune.

 

La méthodologie de recherche

 

La méthodologie est le cheminement par lequel nous avons passé pour faire aboutir nos objectifs de recherche.

Elle en globe en son sein les instruments utilisés, la population d’études et les conditions de passation des instruments.

 

Les instruments de recherche :

Nous avons utilisé l’observation, l’analyse documentaire, le questionnaire et le guide d’entretien pour atteindre nos objectifs.

La constitution de l’échantillon

Pour calculer l’échantillon de notre questionnaire nous- nous sommes partis des populations des 8 Villages que nous avons choisis aléatoirement.

Compte tenu du facteur temps et des moyens qui étaient à notre disposition, nous avons préféré prendre des villages échantillons  dans la commune.  Nous  avons  25 villages  dans  la commune, sur lesquels nous avons  pris 1/3 comme taux :

Echantillon= 1/3 de la  population mère  25 x1/ 3=8 ,33 =8  villages.

Les 8villages  ont été déterminés à  travers  la  méthode  aléatoire  systématique à 2 degrés.

Le pas de sondage  I= 30577/8=3822,12

Mamaribougou  est l’intervalle des effectifs  cumulés et N’ Tanfara est choisi  aléatoirement  comme  point de départ ajouté à l’effectif  cumulés de l’intervalle .C’est ainsi que nous avons eu Mamaribougou, Krina, kamalé -  Kakele, Teguedo N’Tanfara, Samayana , Farabana,  Koursalé –Coro , Dalakana.

Pour déterminer les  sujets  à enquêter nous avons  additionné  les populations  des 8 villages puis nous  avons  retenir  1/54  de la  population mère  =7794 habitants.

Echantillon= 1/54  de la  pop mère  7794x1/54=144,33 habitants =144 sujets.

 

Les difficultés :

Au cour de cette recherche, nous avons rencontre beaucoup de difficultés qui sont entre autres :

-L’insuffisance des données fiables au niveau de certaines administrations notamment la Mairie ;

-Les difficultés d’accéder à des services comme Cs réf de Kati, le CAP de Kalabancoro qui sont loin de la commune ;

-Les difficultés d’accéder à certains villages pour les enquêtes vu l’état des pistes rurales défectueuses ;

-Certains personnes enquêtées confondent les étudiants enquêteurs aux agents des ONG ou représentants de l’Etat venus prendre fin à leur souffrance ;

-Les difficultés financières.

Avec le courage nous avons pu surmonter ces difficultés.

Vu nos moyens et en tant que débutant chercheur ou même en miniature, nous n’avons pas la prétention d’avoir réalisé un travail parfait.

 

Chapitre I:

 Présentation de la commune rurale de Mandé


Située à l’ouest de Bamako dans le cercle de Kati, Région de Koulikoro, la commune rurale de Mandé couvre une superficie de plus de 532,25 Km² ou 53.225 ha pour une population de 30.577 habitants (RGPH 1998) soit une densité de 57 habitants/Km².

 

Elle est composée de 25 villages : Balandougou, Dalakana, Djoliba, Faraba, Farabana, Kabalabougou, Kamalé-Kakelé, Kamalé-Soba, Kanadjiguila, Katibougou, Krina, Krina somono, Koursalé, Koursalé-coro, Mamaribougou, Nafadji, N’tanfara, N’teguédo, Ouezzindougou, Samalé, Samanko plantation, Samaya, Samayana, Samayana somono, Torokorobougou.

 

Le chef lieu de la commune est Ouezzindougou.

 

Elle est limitée :

-Au Nord par les communes de Doubabougou, Kambila, Dogodouman,

-A l’Est le district de Bamako (Commune IV),

-Au Sud par la commune de Bancoumana,

-A l’Ouest par la commune de Siby.

 

Le milieu physique

 

Le relief

 

La commune de Mandé est entièrement située dans une vaste ensemble morphologique du plateau Manding. Le relief est constitué d’un ensemble de surfaces d’aplanissement horizontales souvent armées de cuirasses latéritiques coupées de vallées, de buttes et de colline. Les accumulations  graisseuse correspondent aux plateaux aux bas des quelles ont rencontre les glacis et les dépôts pluviaux des grands ensemble de drainage des plateaux manding.

Les médiocres altitudes concentrées dans la commune dépassent rarement 800 m. les plaines sédimentaires du centre se prêtent a toute les formes d’exploitations.

 

Le Climat :

 

La commune rurale de Mande est située entre les isohyètes 700 à 1 300 mm. Le relief est peu marqué pour influencer sur la circulation de la basse atmosphère.

Le climat est de type soudanien marqué par l’alternance d’une saison pluvieuse appelée hivernage avec une pluviométrie comprise entre 1200 et 800 mm/ an, et une saison sèche.

La saison des pluies s’étend sur 5 mois de juin à Octobre. Les pluies commence à tomber en Avril (Pluie des mangues), l’hivernage commence en fin Mai avec un maximum des pluies en Juillet – Août. Les pluies diminuent à partir de Septembre  et prennent fin à Novembre.

La saison sèche couvre 7mois de Novembre à Mai. Les températures vont de 20°C à 44°C, la moyenne se situe  aux environs de 28°C. L’amplitude thermique est de 10°C. Les mois les plus chauds sont  Mars- Avril avec 40°C. Les mois les plus froids sont Décembre et Janvier avec 14°C souvent.

L’évaporation et l’évapotranspiration sont très importantes en saison sèche ce qui influent beaucoup sur le régime des cours d’eau et sur le niveau de la nappe phréatique.

 

 

 les sols :

 

Les sols, de type ferrugineux, sont latéritiques peu profonds maigres et ferralitiques recouvert par endroits de large  surfaces cuirassées. On y rencontre également des sols hydro morphes dans les bas-fonds sédimentaires, des sols humides argileux et des vitriols de couleur foncée bordant les marigots permanents.

L’alternance des saisons sèches et pluvieuse est un facteur de dégradation des

sols et l’hydratation continue des cuirasses pendant la saison des pluies provoque la formation d’un manteau d’altération généralement riche en fer et en alumine ce qui diminue considérablement la fertilité des sols qui sont lessivés par endroit. C’est sols ferralitiques marquent le paysage et influent directement sur l’agriculture avec les déficits pluviométriques.

Dans les bas-fonds et les  dépressions existent des sols limono- sableux ou argileux. Analyse des sols fait les types suivants :

Des sols argileux pour le coton et les céréales ;

Des sols argilo- sableux propres aux cultures peu exigeantes en eau ;

Des sols ferralitiques avec des dalles de latérites en surface

Cette diversité des sols entraine nécessairement une diversité de culture.

 

La population et son évolution

 

1-Historique du peuplement  de la Commune

 

A l’origine, le peuplement de la commune a commencé à Samalé un village situé à 33 km de Bamako sur la route de Kangaba (RR15) .

Il fut fondé par Bamba Keita commune appelé Samalé Bamba  grand chasseur venu de Dakadjala sur la rive droite situé entre les villages de Samandjou,Gongon,et Balla dans l’actuel préfecture de Sanankoroba, issu de la généalogie de Nyoumassi donc de Manssa Kourou. Il fut l’un des braves guerriers de Soundjata Keita.Ces descendants fondèrent les villages de Nafadji, Koursalé, et Balla (sur la rive droite dans le canton de Solon). Ces villages plus leur griot les Kamissoko de Krina formèrent « Badougou » signifiant villages riverains du fleuve Niger (Bâ Djoliba) qui est  l’un des cantons ou kafu de l’empire du Mali. Il s’étendait du canton de Sendougou au Sud-Ouest jusqu’à la site actuel de Bamako. Bamba serait également le fondateur de Bamako qui a pris son nom par  Bamba kô (ex-campement de Bamba), laissé aux Niaré venu de  Lambidou.

Les villages de N’Tanfara, N’Teguédo N’Tanfara et Mamaribougou sont fondés par les Niagaté ou Niarés de Bamako .

Vers la moitié du XVIIIsiècle, les villages de Samayana fondé par Bassi Diakité et de Faraba ont été fondés par les peulhs venus de Bangassi vers Kita,et de Dalakana par les peulhs venus de Kalaya( Siby).

Les villages de Djoliba, Kamalé, et de Balandougou sont issus du canton de  Balaoulena.Ce canton ne forme pas un ensemble géographique.

Samaya fut fondé par les Diawara et les Konés venus de Samayaba dans  le canton de Figuira à la fin de XIX siècle.

A l’indépendance,  Samanko village a été fondé par les manœuvres de la ferme de Samako où on produisait la fibre de sisal ( appelé Bakaforo ). 

Ouezzindougou a été fondé en 1961 par le président Modibo Keita à la mémoire de Ouezzin Coulibaly.

Kanadjiguila, ancien champ de culture de Madou Kanadjigui, ancien quartier de Ouezzindougou est le dernier né des villages érigé en 1997.Il est le plus peuplé des 25 villages de la commune à cause de sa proximité du district de Bamako.

 

 

 

2- Evolution et structure de la population

 

La commune abritait en 1976 une population administrative de 15645 habitants (RGPH 1976). Elle était de  18790 habitants (RGPH 1987) en 1987. En 1998 la commune comptait une population de 30577 habitants (RGPH 1998).

Avec un taux d’accroissement de 4,4%, la commune a un taux de natalité de 53%o et 9,2%o pour ce lui de la mortalité.

 

Tableau3: Evolution de la population de la commune

 

Années

Population (habitants)

 

1976

15.645

 

1987

19.303

 

1998

30.577

 

Source : DNSI

 

3- Cadre et qualité de la vie

La majeure partie de l’habitat de la commune est de type traditionnel composé pour la plupart de cases rondes coiffées de chaumes et des maisons faites de terre battue. Les habitations de type moderne se font remarquées (maison en

tôle, Villa, étages) surtout dans les périphéries de Bamako qui prennent la physionomie de la capitale.

Les alentour des maisons sont insalubres. Cette situation est due à l’existence des puisards à ciel ouverts et des dépotoirs d’ordures non aménagés. Les maisons sont contigües aux champs de mil ou de maïs. Ceci expose la population à des dangers tels que les morsures des serpents et la prolifération des moustiques engendrant le paludisme.


 

Chapitre II :

Le carcan de l’organisation sociale

 

I : Les fondements de l’organisation sociale

 

1- Les clans, les lignages

 

Le peuplement progressif de la commune est lié de très près à l’histoire de l’empire du Mali et l’expansion du district de Bamako. Il semble en effet que les principaux clans malinké aient, des le XIII ème siècle, occupé les territoires qui sont les leurs aujourd’hui. Toute fois, les guerres, les invasions, la disparition de l’empire, la domination bambara, les conquêtes des peulhs de Bassi de Samayana, et plus tard, la mainmise de Samory sur le pays ont provoqué un brassage important des populations originelles et des clans qui ont vu se restreindre ou éclater leurs territoires traditionnels.

Les malinké sont majoritaires dans la commune. Les principaux clans sont les Keita qui se repartissent en deux lignages : les Nyoumassi premiers habitants de la commune (Samalé, Nafadji, Koursalé) et les Kandassi (Djoliba, Kamalé soba, Kamalé kakélé, Balandougou) ; les Traoré de Farabana ; les Koné de Samaya ; les Kamissoko de Krina. Les clans des bambara sont les Coulibaly et ceux des peulhs sont les Diakités de Dalakana, Samayana et Faraba. Tous ces clans détiennent le pouvoir dans leurs villages respectifs.

Les clans Nyamakala (camara founè, Kouyaté, Doumbia, Kanté, Bagayoko…) sont restés attachés aux familles noble et les ont suivies dans leur migration.

Les Dabo (Koursalé), les Berthé, les Cissé, les Diané sont les maîtres coraniques et alliés des Keita.

Ces clans se sont mêlés les uns aux autres tissant des relations de parenté et d’alliance qui unissent les villages.

Par ailleurs, la segmentation des clans en lignages exogames est un phénomène politique important au niveau des villages car il explique les tensions internes et les oppositions de groupes généalogiques qui sont la caractéristique des villages malinké, surtout dans les villages Keita où la descendance paternelle (fadenya) est devenue synonyme de rivalité et de lutte pour le pouvoir. Cette situation constitue un obstacle dans toute action de développement dans la commune car le développement n’est possible sans la participation et le consentement consciente de l’ensemble des populations.

 

2- La famille et communauté de travail

 

La famille élargie ou étendue constitue la principale cellule de base de l’organisation sociale, l’unité de production. Elle rassemble autour du patriarche et de ses épouses, ses frères cadets, leurs épouses et leurs enfants, ses enfants et ses petits enfants. Elle comprend les mains-d’œuvre, les greniers, les étables, les champs collectifs et individuels, et l’ensemble de cette cellule productive a un centre de décision, le chef de famille, qui décide de l’emploi de la main d’œuvre donne l’ordre de défricher, de semer, gère le troupeau et détient le matériel d’exploitation ( charrues, charrettes).

Cette famille est en voie d’éclatement ou de réduction en ménage de fait que les champs individuels priment sur les champs collectifs. Manque de rigueur dans les travaux due à la paresse des chefs de travail (forokuntigui) qui est l’un des facteurs de la réduction de la baisse de la production.  

 

3- Le groupement des jeunes ruraux

 

Le groupement des jeunes est l’un des aspects le plus important dans l’organisation social malinké (les tons).

Dans les villages de Farabana à Koursalé, de Faraba à Kamalé en passant par Dalakana et Nafadji  on y trouve des groupes d’ages de jeunes (karis) qui entreprennent des actions de développement, travaux collectifs d’intérêt villageois, construction de classes, de maternités, entretient des pistes rurales, police villageoise, nettoyage des places publiques, protection contre les feux de brousse et du reboisement. 

Ces sociétés de travail, d’entraide et mutuelles ne fonctionnent plus comme avant. Beaucoup de travaux sont laissés sans exécutés tels que l’entretien des digues, des pistes rurales…

L’exode rural et une forte émigration surtout clandestine des jeunes font que ces sociétés de travail n’arrivent pas à s’acquitter les fonctions qui leur sont assignées.

 

II – L’organisation paysanne

 

1-Les sociétés  Coopératives

Le système coopératif a été longtemps perçu comme un moyen, une condition de développement socio-économique des pays en voie de développement. Mais, il a été révélé « qu’un nombre toujours plus grand de projets de développement rural dans les pays en voie de développement vise à mettre en place des coopératives de paysans, d’artisans chargé de la commercialisation des récoltes ou des produits fabriqués, de l’approvisionnement en engrais, semences, matériels etc et même de distribution du crédit.

Déjà la recommandation 127 de la conférence générale de l’OIT convoqué à Genève par le conseil d’administration du BIT et réunie le premier Juin 1966,en sa cinquième session, stimulait en son point 2 que l’établissement et la croissance des coopératives devraient être considérée comme un des facteurs important du développement économique, social et culturel, ainsi que la promotion humaine, dans les pays en voie de développement. »         

Au Mali, la loi N°076 du 18 Juillet 2001regit les sociétés coopératives. L’objectif le plus important de cette nouvelle politique est de créer un environnement économique légal institutionnel favorable à leur développement.

En effet, la commune rurale de Mandé souffre d’une disfonctionnement et/ou  d’une insuffisance d’organisation paysanne en matière des sociétés coopératives pour relancer son développement économique. Les sociétés coopératives existantes sont : les coopératives de Samanko, Mamaribougou, Samaya, Farabana, Danga , Kamalé Soba, N’Teguedo, Djoliba, Koursalé, Koursalé coro, Ouezzindougou, Krina plus la coordination des femmes rurales du Mandé. Toutes ces coopératives forment l’Union des Coopératives Multifonctionnelles de Production et d’Utilisation de Matériels Agricoles du Mali (UCMPUMAM).

 Les coopératives des éleveurs, des utilisateurs des matériels agricoles, multifonctionnelle des malinké et des maraîchères de Samanko. 

 

 

Chapitre III:

Les Infrastructures de base et les activités économiques de la commune

 

Les infrastructures et équipements de base

 

La commune est vaste et fortement enclavée et très sous-équipée. Dans l’ensemble, les infrastructures et équipements de base pour le développement sont caractérisés par leur insuffisance, leur vétusté, et leur mauvais état, ce qui constitue un frein pour le développement économique et social de la commune.

 

1-Les infrastructures éducatives

 

La commune dispose se vingt deux (22) premiers cycles repartis entre les 25 villages sauf  Koursalé-Coro, Krina Somono et Samayana Somono,et huit (8) second cycles dans les villages de Kanadjiguila, Samanko, Ouezzindougou, Samaya, Samayana, Dalakana, Djoliba et Koursalé.

Le nombre assez élevé d’enfants scolarisables varie de 50à 55% contre un taux de scolarisation de 36,7% (CSLP Région de Koulikoro).Ce peu d’enfants scolarisés, la déperdition scolaire est grande de 50 à 60%, niveau fondamental. Au niveau secondaire la déperdition est chaotique du fait du dépaysement des élèves admis au DEF qui sont orientés à Bamako à cause des lieux d’hébergement non appropriés pour poursuivre leurs études. Donc un Lycée ou centre de formation professionnelle serait la bienvenue pour diminuer la déperdition scolaire.

A part les premiers cycles, les seconds cycles sont distants des élèves des villages n’ayant pas bénéficiés. Ils parcourent une distance variant entre 3 à 10 Km (Djoliba- Krina, Dalakana- Nafadji- Kamalé…).

Pour la qualité d’enseignement il faut construire des classes c’est ainsi que le PDSC 2000-2004 à réaliser 3 classes à Ouezzindougou, 3 classes à Nafadji sur fond de l’ANICT en 2002 ; 3classes à Samanko en 2002 avec la Coopération Allemande et 3 classes à Krina en 2002 avec Luxembourg.

Le PDSC 2005-2009, pour augmenter le taux , a prévu de construire 21 salles de classe plus équipement dans les villages de Koursalé-Coro, Balandougou, Faraba, Ouezzindougou, Djoliba, Kamalé-Kakelé, Katibougou ; renforcer le partenariat entre école-CGS-APE à Ouezzindougou ; élaborer une stratégie de mobilisation des ressources dans 18 villages et la formation des jeunes locaux comme enseignant dans tous les villages. Rien n’a été réalisé.

Tableau5: Evolution du nombre d’élèves, d’enseignants et des salles de classe de l’enseignement fondamental de la Commune Rurale de Mandé de 2002 à 2009

 

Années

Nombre

D’élèves

Nombre

D’enseignants

Salles de classe

Ration élèves-

Salles de classe

2002- 2003

1940

123

99

19,59

 

2003- 2004

2335

135

117

19,95

 

2004- 2005

4345

161

120

36,20

 

2005- 2006

4700

165

120

39,16

 

2006- 2007

5055

169

121

41,77

 

2007- 2008

13898

158

193

72,01

 

2008- 2009

15902

186

258

61,63

 

 

Source : CAP de Kalaban- coro

 

L’analyse de ce tableau nous montre que la commune est confrontée à une insuffisance d’infrastructure scolaire et de personnel enseignant. Cette situation a pour conséquence un effectif pléthorique 60 à 80 élèves dans une même classe, la double vacation ( Djoliba, Ouezzindougou) et la double division( Kamalé,et N’Teguedo).

En outre la commune dispose de 3 Medersa et un centre d’apprentissage de l’écriture N’KO à Samalé. Les populations de la commune doivent valoriser l’apprentissage de l’écriture N’KO dans tous les villages. Car il est incontestable qu’une communauté puisse se développer sans valoriser sa langue nationale et le N’ko est là pas en tant qu’une langue mais une écriture, adaptée aux différentes langues ou dialecte africaines, qui nous permet de valoriser nos langues pour un meilleur développement. Son apprentissage contribuera d’avantage à l’amélioration de la santé de la mère et de l’enfant.

 

2-Infrastructure sanitaire

 

En matière de santé, la commune dispose quatre (4) aires de santé communautaire (CSCOM) :

-Aire de santé de Djoliba : Djoliba, Krina, Krina Somono, Samayana, Samayana Somono, Dalakana, Koursalé, Koursalé –Coro, Samalé, Balandougou, Nafadji et Kamalé-Soba.

-Aire de santé de Kabalabougou : Kabalabougou, Samaya, Katibougou, Farabana, Torokorobougou, Ouezzindougou et Samanko-Plantation

-Aire de santé de Kanadjiguila : Kanadjiguila, Mamaribougou, Faraba, N’Tafara, N’Teguédo-N’Tanfara.

Il existe des modestes centres de santé si non de maternités à Farabana, Samayana, Dalakana, Kamalé-Kelé, Koursalé, Mamaribougou, Samaya, N’Tanfara, Katibougou, Samanko, Samalé. Ces maternités de  par leur caractère vétuste sont confrontées à d’énormes problèmes comme manque de tension maître, de mobilier, pèse personnel, pèse bébé, d’électricité et personnel qualifié. Le salaire des matrones est assuré par les populations qui font des mois sans salaire.

La fréquentation de centres selon les personnes enquêtées est la suivante : 42% pour le CSCOM, 54% pour la maternité, et 4% pour le clinique tradithérapeute. La situation géographique ou de l’évolution de certains villages ou de l’égocentrisme de se villages s’explique la non fréquentation de ces CSCOM.L’une des raisons évoquée pour la non fréquentation est le manque de personnel qualifié, de médicaments essentiels.

16% des personnes enquêtées utilisent la DCI, 76% pour la DCI plus Thérapeutique et 8% pour autres. Les 94% affirment que les ordonnances médicales sont chères.

Les maladies dominantes sont les  maladies hydriques, les IRA, le paludisme, les conjonctivites, Bilharziose urinaire, vers intestinaux, écoulement urétral et/ou dysurie et écoulement vaginal (cscom de Kabalabougou).

Le CSCOM de Djoliba a été réalisé en 2003 sur fond de l’ANICT prévu dans le PDSC 2000-2004.

Le PDSC 2005-2009, pour améliorer les soins de santé dans la commune, a prévu la réalisation de deux (2) CSCOM plus à Kanadjiguila et Ouezzindougou en partenariat avec ANCIT, PRODESS, FANASCOM. Ils ont été réalisés par un fond Canadien pour Kanadjiguila et la Première Dame de la république pour Ouezzindougou.

Il a été prévu d’organiser un cadre de concertation en santé à Ouezzindougou ; faciliter le recyclage et la formation en santé à Koursalé Koursalé Coro, Balandougou, Ouezzindougou, Djoliba, Kamalé-Soba,

Kanadjiguila, Mamaribougou en partenariat avec le Médecin chef,Tutelle COFESFA, aucune réalisation n’a été fait à ce niveau.

 

Tableau : Campagne de vaccination 2008 dans la commune rurale de Mandé

 

Aires

De Santé

Type de

Vaccin

Pop attendues

0 – 11 mois

Nombre

Vacciné

Pourcentage

 ( % )

Kabalabougou

BCG

1636

266

6,15

 

HIB3

1636

330

4,95

 

Rougeole

1636

187

4,74

 

Djoliba

BCG

1581

433

3,65

 

HIB3

1581

270

5,85

 

Rougeole

1581

366

4,31

 

Source : CS réf de Kati

 

Il ressort de ce tableau que le taux du nombre d’enfants vaccinés est très faible par rapport au nombre d’enfants attendus pour la vaccination vu l’importance des vaccins pour l’éradication des maladies.

 Cette situation peut être due à trois facteurs :

Les facteurs liés à l’organisation des services de vaccination et comportement des prestataires

-le mauvais accueil des utilisateurs

-l’utilisation de termes scientifiques en expliquant aux mères

-le temps d’attente trop long avant l’acte vaccinal

-l’insuffisance dans les explications les bonnes raisons de vacciner, les cibles de vaccination et les rendez-vous

-les ruptures fréquentes de stock de vaccins

-la programmation des activités de vaccination ne tenant pas compte des activités majeures des cibles.

Les facteurs liés au comportement des bénéficières et leur environnement socioculturel

-l’ignorance des bénéfices de la vaccination

-les croyances religieuses et traditionnelles nuisibles à la vaccination

-les rumeurs de « vaccins nuisible »

Les facteurs liés aux responsables/leaders d’opinion, autorités qui doivent favoriser la mobilisation sociale et celle des ressources

-les difficultés d’accès au lieu de vaccination

-le financement de certaines activités (stratégie avancée, fonctionnement chaîne froid…)

 

                               

 

 

 


Par makdjamba.over-blog.com - Publié dans : 1
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